Proche aidant : Quels conseils pour faciliter la gestion des traitements médicamenteux

Laetitia LIEGARD Docteur en Pharmacie - 07 mai 2021

La prise en charge des maladies chroniques nécessite souvent des traitements médicamenteux réguliers et multiples. La gestion des différents médicaments est parfois compliquée pour le malade, et cela peut conduire à des erreurs et à l’apparition d’effets indésirables. Dans ce cas, l'intervention d’un proche aidant est utile pour faciliter la prise de ses traitements. Connaître la maladie, comprendre l’objectif de chaque médicament et mettre en place quelques astuces simples au domicile sont autant de clés pour accompagner l’aidant dans cette démarche.

S’informer auprès des professionnels de santé

Aussi bien pour le proche aidé que pour le proche aidant, connaître et comprendre l’objectif de chaque médicament prescrit est essentiel pour garantir une bonne utilisation.

Il est important de commenter l’ordonnance en posant quelques questions au médecin et à tout autre professionnel de santé consulté :

  • Pourquoi ce médicament ? pour quelle maladie ou symptôme ?
  • Quand et comment le prendre ? à jeun ou au cours d'un repas ? 
  • Quelle est la durée du traitement ?
  • Quels sont les médicaments prioritaires ?
  • Quels effets indésirables peuvent survenir ? Que faire s’ils surviennent ?
  • Quelles interactions possibles avec d'autres médicaments ou aliments ? 
  • Quels sont les risques en cas d'interruption des prises ?

Le respect de l’ordonnance et des consignes données permet d’éviter les erreurs, de garantir l’efficacité optimale des traitements et de limiter les effets indésirables

Lorsqu'un nouveau médicament est prescrit, prendre connaissance de la notice est également recommandé. Cela aide à comprendre son mode d’emploi, à appréhender les effets secondaires éventuels les plus fréquents et les signes d’alerte associés.

Surveiller l’automédication est aussi un élément important pour l’aidant. Il doit rester vigilant quant à la prise de médicament sans ordonnance, qui peuvent contenir des principes actifs interagissant avec le traitement prescrit. 

En cas de doute sur des prises irrégulières d'un médicament, sur tout effet secondaire constaté ou pour toute question sur l’automédication, le proche aidant ne doit pas hésiter à demander conseil au médecin ou au pharmacien.

Se former et être accompagné

Différentes solutions de sensibilisation et de formation sont développées pour assister les proches aidants dans leur rôle, notamment dans le suivi des traitements et des effets indésirables. 

Pour certaines pathologies chroniques, comme l’asthme ou la maladie d’Alzheimer, des programmes d’Éducation Thérapeutique destinés aux patients mais aussi à leur entourage existent. Ils sont animés par une équipe de professionnels de santé. Ils ont pour objectif de soutenir et d’accompagner les patients et les aidants dans l’acquisition de compétences dont ils ont besoin pour gérer la maladie et son traitement. 

La liste des programmes existants est en ligne sur les sites internet des Agences Régionales de Santé (ARS) de chaque région. (Pour l'Occitanie)

Certains conseils départementaux ou associations, comme l’Association Française des aidants, soutiennent ou organisent également des actions d’information, d’accompagnement et de formation dédiées aux proches des personnes malades.

Mettre en place des astuces pour faciliter la prise du traitement

Prendre soin d’un proche et s’impliquer dans son traitement n’est pas toujours simple. Quelques conseils pratiques peuvent facilement être mis en place à domicile pour éviter les oublis ou les erreurs.

Intégrer la prise du traitement dans une routine

Définir un moment précis dans la journée (avant, pendant ou après une activité quotidienne) permet de ritualiser la prise d’un médicament. Par exemple, au réveil, au moment du brossage des dents ou encore en prenant un repas. Il convient de vérifier au préalable si le médicament nécessite des modes de prises particuliers (à jeun ou avec de la nourriture).

La mise en évidence des boîtes de médicaments dans des lieux stratégiques du domicile est aussi très utile. Le traitement du matin peut par exemple être positionné près de la machine à café, ceux pris lors des repas sur la table de la cuisine.

Il est nécessaire de vérifier que les endroits choisis respectent bien les conditions de conservation des médicaments et qu’ils sont bien hors de la portée des enfants.

Si cela est possible, il est préférable d’impliquer le proche aidé dans le choix du moment et de l’endroit.

Utiliser un pilulier

Certaines personnes peuvent avoir des difficultés à mémoriser les prescriptions, les horaires de prises, lire les notices ou encore manipuler les emballages.

La mise en place d’un pilulier par le proche aidant est une solution simple pour éviter tout doute. Il permet d’organiser les médicaments quotidiens en doses et d’identifier le moment de la prise.

Il existe plusieurs modèles de piluliers :

  • des piluliers journaliers, hebdomadaires ou même mensuels
  • des piluliers électroniques, manuels ou automatiques, qui intègrent en plus une alarme lumineuse ou sonore
  • des piluliers connectés, qui envoient des rappels sur le smartphone et des messages à l’entourage en cas d’oubli.

De plus en plus de pharmacies proposent aussi de préparer directement des piluliers pour leurs patients chroniques ou âgés.

 

utiliser un pilulier pour gérer un traitement

Programmer des rappels

Les alarmes ou les applications dédiées aux prises de médicaments représentent des outils très pratiques pour améliorer le suivi.

Une méthode simple et efficace est l’utilisation de rappels quotidiens à l’aide des outils de réveil ou de calendrier des téléphones portables, aussi bien pour le proche aidé que pour le proche aidant.

De nombreuses applications mobiles, comme MyTherapy, Medisafe ou Medi’rappel, ont aussi été développées pour aider les patients et leur entourage à se souvenir et à suivre la prise des traitements. 

La population vieillissant, le nombre de proches aidants augmente chaque année. Ce rôle gratifiant demande toutefois de l’énergie et de l’organisation. Le développement d’outils et d'aides spécifiques est nécessaire pour soutenir leur implication quotidienne.

Comment aider un proche dans la gestion des traitements ?